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MaPrimeRénov’ : par geste ou parcours accompagné ?

Deux régimes, deux logiques, et depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 des frontières qui ont bougé. Orienter un propriétaire vers la mauvaise voie, c'est annoncer une aide qui n'arrivera pas — ou passer à côté de celle qui aurait financé le chantier.

Une seule marque, deux dispositifs qui ne se ressemblent pas

MaPrimeRénov’ désigne, sous un même nom, deux régimes d’aide distincts. Le premier finance des travaux pris un par un, chacun sur un forfait propre. Le second finance une rénovation d’ampleur : un bouquet cohérent qui doit faire gagner des classes énergétiques au logement, avec un accompagnateur agréé obligatoire et une aide calculée en pourcentage du montant des travaux.

Ce ne sont pas deux niveaux d’une même aide. Ce sont deux dossiers différents, avec des conditions différentes, et un propriétaire n’a pas toujours le choix entre les deux : depuis la réforme du 1ᵉʳ septembre 2026, certains travaux ne sont plus finançables geste par geste, et certaines maisons ne sont plus éligibles au parcours accompagné. Savoir lequel s’applique avant de chiffrer évite d’annoncer un reste à charge qui ne tiendra pas.

01LES DEUX VOIES

Deux régimes, plus un dispositif à part.

Le parcours par geste et le parcours accompagné s'adressent au même propriétaire mais ne financent pas le même projet. La copropriété, elle, relève d'un troisième dispositif, porté par le syndicat et non par l'occupant.

Voie 1

Le parcours par geste

Un ou plusieurs travaux financés séparément, chacun sur son propre forfait. Pas d'obligation de gain de classe, pas d'accompagnateur imposé. C'est la voie du chantier ciblé : on remplace une chaudière, on raccorde à un réseau de chaleur.

Voie 2

Le parcours accompagné

La rénovation d'ampleur : un bouquet de travaux qui doit faire gagner des classes énergétiques au logement, avec un accompagnateur agréé obligatoire. L'aide est calculée en pourcentage du montant des travaux, plafonnée, et modulée par les revenus du foyer.

Voie 3

Le régime copropriété

Un dispositif à part, porté par le syndicat de copropriétaires et non par chaque occupant : l'aide finance les travaux sur les parties communes, avec sa propre assistance à maîtrise d'ouvrage et une répartition en quotes-parts.

02CE QUI A CHANGÉ

Le 1ᵉʳ septembre 2026 a redessiné les deux voies.

Un décret et un arrêté du 25 août 2026, applicables aux demandes déposées à compter du 1ᵉʳ septembre. Deux changements de fond, l'un sur chaque voie.

Sur le parcours par geste : cinq familles de travaux sortent

En France métropolitaine, cinq familles de travaux ne sont plus finançables geste par geste : le bois et la biomasse, la pompe à chaleur dédiée à l’eau chaude sanitaire (le chauffe-eau thermodynamique), la ventilation, l’isolation, et le solaire thermique et les capteurs hybrides.

Restent éligibles au geste : la pompe à chaleur air/eau, la pompe à chaleur géothermique, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d’une cuve à fioul et l’audit énergétique. Leurs forfaits n’ont pas bougé.

Ces cinq familles ne deviennent pas non finançables. Elles restent mobilisables en rénovation d’ampleur, en éco-prêt à taux zéro et par les certificats d’économies d’énergie. Ce qui change, c’est le guichet — donc le montage du dossier, et donc ce que vous annoncez au propriétaire.

Sur le parcours accompagné : la maison qui garde du fossile est exclue

Le texte est explicite : en maison individuelle, les travaux ne doivent pas conduire à installer ou conserver un système de chauffage ou de production d’eau chaude intégrant au moins un équipement susceptible d’utiliser des combustibles fossiles. Le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid est expressément excepté.

Deux conséquences pratiques. La première : une rénovation d’ampleur qui laisse en place une chaudière gaz en appoint perd l’aide, quel que soit le gain de classes obtenu. La seconde, plus souvent ignorée : l’exclusion ne vise que la maison individuelle. Le collectif n’y est pas soumis.

Ce qu'il faut retenir avant un rendez-vous

Sur une maison, la première question n’est plus « quels travaux ? » mais « que reste-t-il comme énergie après travaux ? ». Si la réponse contient du fioul, du gaz, du GPL ou du charbon, le parcours accompagné est fermé — et c’est le montant le plus lourd du dossier qui disparaît.

03ORIENTER

Quel régime pour quel chantier.

La question se tranche sur trois critères : le type de bien, l'ambition du projet, et l'énergie qui restera en place à la fin.

CHANTIER CIBLÉ · par geste

Un ou deux travaux, chacun sur son forfait

  • Le propriétaire veut traiter un poste précis, pas repenser tout le logement.
  • Le geste figure encore dans la liste : pompe à chaleur air/eau ou géothermique, raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve, audit.
  • Aucun gain de classes exigé, aucun accompagnateur imposé.
  • Le montant est un forfait, modulé par les revenus du foyer.
RÉNOVATION GLOBALE · parcours accompagné

Un bouquet cohérent, avec gain de classes

  • Le projet vise un vrai saut de performance, pas un geste isolé.
  • En maison, plus aucun équipement fossile ne subsiste après travaux.
  • Un accompagnateur agréé suit le dossier — c’est une condition, pas une option.
  • L’aide est un pourcentage du montant des travaux, plafonné et modulé par les revenus.

Et l’immeuble ?

Un immeuble en monopropriété — un seul bailleur pour tout le bâtiment — se traite comme un projet unique, à l’échelle du bâti entier. Une copropriété relève du dispositif dédié : la demande est portée par le syndicat de copropriétaires, l’aide finance les travaux sur les parties communes, et chaque copropriétaire supporte sa quote-part. Ce n’est ni l’un ni l’autre des deux parcours individuels, et le confondre avec eux fausse tout le plan de financement.

04LES PIÈGES

Quatre erreurs qui coûtent le dossier.

Toutes constatées sur des règles en vigueur, pas sur des cas d'école. Les trois premières viennent de la réforme du 1ᵉʳ septembre 2026 ; la quatrième est un malentendu ancien.

Piège 1

La chaudière qui ferme la porte

En maison individuelle, conserver un équipement fossile après travaux suffit désormais à fermer le parcours accompagné — même si tout le reste du bouquet est irréprochable. C'est le montant le plus lourd du dossier qui disparaît.

Piège 2

Le geste qui a disparu de la liste

Cinq familles de travaux ne sont plus finançables geste par geste en métropole. Elles restent finançables autrement — en rénovation d'ampleur, en éco-prêt à taux zéro, en certificats d'économies d'énergie. Le chantier n'est pas perdu, le régime change.

Piège 3

L'exclusion qui ne vise que la maison

La sortie des fossiles du parcours accompagné vise la maison individuelle, pas le collectif. Appliquer la règle à un immeuble revient à écarter un dossier qui aurait été financé.

Piège 4

Le régime confondu avec le montant

Le parcours accompagné n'est pas « la même aide en plus gros ». Il obéit à d'autres conditions, impose un accompagnateur et exige un gain de classes. Un propriétaire à qui l'on promet le plafond du parcours accompagné sur un geste isolé sera déçu.

Deux dates à ne pas rater

L’accès au parcours par geste pour les logements classés F et G est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027. C’est une fenêtre, pas un acquis : au-delà, ces logements devront passer par la rénovation d’ampleur.

L’obligation de fournir un DPE pour les gestes encore éligibles a été reportée au 1ᵉʳ janvier 2028. D’ici là, un dossier peut être déposé sans diagnostic préalable pour ces gestes — ce qui ne veut pas dire qu’il soit prudent de chiffrer sans connaître l’état du logement.

Les barèmes, plafonds et conditions d’éligibilité évoluent par voie réglementaire, parfois en cours d’année. Cet article décrit l’état du droit à sa date de publication et cite ses textes. Le montant exact d’un dossier se vérifie sur les simulateurs officiels et auprès de France Rénov’.

05AVEC ALTIS

Vous connaissez l'étiquette publiée avant d'écrire.

Le régime dépend du bien, de l'énergie qui restera en place et de l'étiquette de départ — trois choses que le diagnostic publié dit déjà, avant le premier rendez-vous.

Une lettre d’Altis part quand un diagnostic vient d’être publié dans votre secteur. Vous savez donc, avant d’écrire, ce que dit ce diagnostic : l’étiquette, le type de bien, l’année, le chauffage. Une maison classée F au fioul et un appartement classé E au gaz ne relèvent pas de la même voie, et vous le savez en lisant l’encart de la lettre — pas devant le propriétaire.

Le chiffrage, lui, se fait chez vous, au rendez-vous, sur les simulateurs officiels. Comprendre les trois aides.

Altis n’estime aucune aide. Il ne dépose aucun dossier, ne se substitue ni à France Rénov’ ni à l’Anah, et ne remplace pas l’accompagnateur agréé quand celui-ci est obligatoire.

Le bon régime, avant le rendez-vous.

Ce guide explique les voies ouvertes. Altis, lui, écrit aux propriétaires des logements qui viennent d’être diagnostiqués dans votre secteur, et poste pour vous.

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